Le 12 décembre 1830 Mr Pierre RIVEREAU Sous-Préfet de Loudun prononça l'éloge funèbre d'Auguste CHAUVET mort à Nantes lors des Journées de Juillet en ces termes.
"Des princes qui nous avaient été imposés par l'étranger donnèrent à regret une liberté qu'ils avaient juré de détruire quand l'occasion s'en présenterait ; mais tel est ton empire sur un cœur vraiment français, ô liberté ! qu'à peine un roi parjure a-t-il brisé les liens qui l'unissaient à la France, qu'aussitôt elle saisit ses armes, tout Paris se lève comme un seul homme et trois jours suffisent pour renverser cette royauté de droit divin ! Les fiers Bretons imitent l'exemple de la capitale ; Nantes s'est levée pour la liberté : O toi CHAUVET ! toi noble ami que nous pleurons toi dont l'âme généreuse et fière s'indigne au nom d'esclavage, tu parcourais en armes des rues qui bientôt devaient être teintes de ton sang ! tu les faisais entendre ces cris si chers à la France ! tu jurais de mourir pour la liberté, quand de vils seides de l'obéissance passive vinrent te frapper te frapper d'un plomb homicide ! Tu tombes et meurs. Pleurons, mes amis, pleurons CHAUVET il était digne de nous et de la France ! Et toi famille infortunée ! toi dont une fille chérie faisait naguère le bonheur, tu l’as perdu ! Il ne restait plus qu’un fils. Il repose dans la tombe ; consoles-toi il est mort pour la Patrie.
Adieu CHAUVET, adieu digne ami ! Puisse la couronne dont nous ombrageons ta tête, puissent le tombeau que nous élevons à ta mémoire et les honneurs que nous te rendons être un témoignage digne de nos regrets et de ton courage ! Adieu ! "
Qui était Auguste CHAUVET ?
Il était né d’Auguste CHAUVET et de Julie IMBERT le 19 germinal an 13 à Loudun. Son père riche propriétaire demeurait rue de la Mairie à Loudun. Sa sœur Julie, née le 21 fructior an IX, épousa François Jules DUCHASTENIER, Juge de paix. Elle en eut deux filles Félicité née le 17 juin 1824 et Elodie née quelques jours avant la mort de sa mère le 14 avril 1830.
Nul doute qu’Auguste CHAUVET fut frappé par la mort de sa sœur à 28 ans.
Ce commis négociant fut blessé le 30 Juillet 1830 à Nantes. Il mourut à 18 heures en la maison du Sieur BOUVIER, couvreur, au 7 quai Brancas 3e ecarton. Les témoins de son décès furent Jean-Marie PILON demeurant rue du Puits d’Argent et Julien Clément SORET demeurant au Boulevard.